Trois jours a dos de chameau dans le Sahara. Le titre dit tout — c'est exactement ca, et rien d'autre. Pas de vehicule 4x4 qui suit a distance, pas de camp de luxe avec wifi. Un trekking en caravane a travers le desert marocain, dans les conditions les plus proches possibles de ce que vivaient les caravaniers il y a quelques siecles.
Le depart se fait depuis la region d'Ouarzazate. Le premier matin, on rencontre les dromadaires et le guide berbere qui les accompagne. Briefing rapide sur la monte — ca se maitrise vite, le dromadaire fait la plupart du travail — et on se met en route. Le premier jour traverse le desert Hamada, la partie la moins connue du Sahara marocain : des plateaux rocailleux, de la terre seche craquellee, des collines basses a perte de vue. C'est austere, c'est immense, et le silence est total. On marche environ 4 a 5 heures en selle, avec des pauses pour se degourdir.
Le campement du soir est installe par le guide. Tente berbere traditionnelle, matelas au sol, couvertures. Le diner est prepare sur place : tajine cuit lentement dans le sable chaud, pain petri et cuit sous la cendre, salade de tomates et oignons, the a la menthe prepare avec le ceremonial habituel — trois theieres, trois services. On mange assis par terre, autour du feu. La nuit tombe vite dans le desert, et avec elle vient un ciel etoile d'une intensite rare. Pas de lumiere artificielle a des dizaines de kilometres a la ronde.
Jour 2, on s'enfonce plus loin. Le paysage evolue — les plateaux laissent place a des formations dunaires, les couleurs passent du gris-beige au dore. Le rythme reste le meme : marche matinale, pause dejeuner a l'ombre d'un rocher ou d'un acacia, reprise en debut d'apres-midi. Le guide connait le terrain par coeur et ajuste l'itineraire en fonction du vent et des conditions. Les dromadaires sont etonnamment dociles une fois en route — ils avancent a leur rythme, lent et balance, et on finit par s'y habituer.
Le soir du deuxieme jour, on est loin de tout. Le sentiment d'isolement est reel — pas anxiogene, mais profond. C'est un des rares endroits au monde ou le silence est absolu, ou il n'y a strictement rien a l'horizon sur 360 degres.
Jour 3, retour. La marche du matin est souvent la plus belle : lumiere rasante, ombres longues, air encore frais. On rejoint le point de rendez-vous ou un vehicule attend pour le transfert retour.
Pratique : condition physique correcte requise, le soleil tape et les journees en selle sont longues. Chapeau, creme indice 50, et 3 litres d'eau par jour (fournis). Pas de douche, pas d'electricite — c'est le prix de l'immersion totale. Meilleure periode : octobre a avril. Le printemps offre les meilleures conditions.