La côte d'Essaouira ne ressemble pas au reste du Maroc. Le vent d'alizé souffle presque tous les jours (la ville est surnommée « la cité du vent » et les kitesurfeurs viennent du monde entier pour ça), le sable est humide, compact, et les dunes bordent directement une forêt de pins maritimes et d'arganiers. En gros, c'est l'opposé du Sahara. Et c'est justement ce qui rend le quad ici complètement différent de ce qu'on trouve à Merzouga ou dans le sud.
Le circuit de 2 heures commence par un transfert gratuit depuis le centre-ville ou votre hôtel. Arrivé à la base, on vous attribue un quad et on vous explique les commandes — cinq minutes, pas plus. Le départ se fait par la plage. Le sable mouillé par les vagues offre un grip solide, du coup on roule vite dès les premières minutes. Les embruns salés, le bruit des vagues qui roulent, le vent de face qui pousse contre le torse : l'ambiance n'a rien à voir avec une balade touristique tranquille. On longe la côte atlantique jusqu'à Borj El Baroud, une tour de guet portugaise du XVIe siècle. En ruines, mais encore debout après cinq cents ans. Les murs épais résistent au vent et au sel mieux que la plupart des constructions modernes. L'arrêt photo dure quelques minutes — le cadre est photogénique, avec l'océan d'un côté et les dunes de l'autre.
Ensuite, cap vers les grandes dunes de Cap Sim. Ici le sable est sec, les montées sont raides, le quad travaille davantage. Les dunes font 20 à 30 mètres de haut — pas l'Erg Chebbi, mais assez pour sentir les descentes dans le ventre. Par contre, le vent constant soulève du sable fin en permanence, du coup le foulard sur le visage n'est pas optionnel — c'est une nécessité. Sans protection, on recrache du sable pendant des heures.
La dernière partie traverse la forêt. C'est la section la plus technique et, franchement, la plus amusante. Sentiers étroits entre les arganiers centenaires, racines qui dépassent du sol, virages serrés, pentes en terre battue glissante. Le quad rebondit sur les bosses, le guidon vibre. C'est fun, mais il faut rester attentif — un arbre, ça ne bouge pas, et à 30 km/h dans un virage serré, l'erreur se paie cash. Le guide adapte le rythme, mais il laisse de la liberté à ceux qui sont à l'aise.
Retour à la base après 2 heures. Conseil : portez des vêtements sombres que vous pouvez salir sans regret. Le mélange sable mouillé, embruns salés et poussière de forêt laisse des traces sur tout. Et des chaussures fermées montantes — le sable mouillé rentre par le moindre interstice.