Rabat est la capitale administrative du Maroc, mais c'est aussi une capitale gastronomique meconnue. Cette visite culinaire a pied permet de la decouvrir par ce qu'elle a de plus concret : sa nourriture de rue, ses marches, ses artisans-cuisiniers qui perpetuent des recettes transmises depuis des generations.
Le point de depart est generalement fixe dans la medina de Rabat, accessible a pied depuis la plupart des hotels du centre-ville. Le guide, un Rbati qui connait chaque ruelle et chaque vendeur par son prenom, commence par poser le contexte : l'histoire de la medina, les influences andalouses, les apports ottomans, la cuisine judeo-marocaine qui a laisse des traces dans certaines preparations.
Le parcours s'organise autour de plusieurs arrets de degustation. On commence souvent par le petit-dejeuner marocain : msemen feuillete, baghrir aux mille trous, amlou a base d'huile d'argan et d'amandes. Chaque bouchee est accompagnee d'une explication sur les ingredients, les techniques, les variantes regionales. Le guide fait la difference entre le msemen rbati et celui de Fes ou de Marrakech.
Ensuite, direction le marche central de Rabat, un batiment art-deco des annees 1920 ou les etals debordent de poissons frais, d'epices, de fruits et de legumes. C'est ici qu'on goute les sardines grillees a la chermoula, preparees devant vous pour 10-15 MAD la portion. Les olives marinee viennent ensuite, avec une dizaine de varietes differentes a comparer.
La visite continue dans les ruelles de la medina avec des arrets chez un patissier traditionnel, ou les cornes de gazelle, les chebakia et le sellou sont fabriques a la main. Le guide explique le role de chaque patisserie dans les celebrations marocaines : le sellou pour le Ramadan, la chebakia trempee dans le miel, les ghriba aux amandes pour les fetes.
Un des moments forts est la degustation de the a la menthe preparee selon la methode traditionnelle. Le guide detaille les trois versements, le choix du the vert gunpowder, la quantite de sucre, la qualite de la menthe nana. On comprend pourquoi le the servi dans les restaurants touristiques n'a pas le meme gout.
La visite inclut aussi des plats plus consistants : un tajine dans une gargote frequentee uniquement par les locaux, ou un bol de harira rbatie, la soupe de tomates et de lentilles qui constitue le repas de rupture du jeune pendant le Ramadan. Les prix pratiques dans ces endroits sont derisoires par rapport aux restaurants de Gueliz ou de l'Agdal.
En fin de parcours, on termine generalement par un jus d'avocat ou de fruits frais presse dans un des stands de la medina. Le guide partage ses adresses personnelles et ses recommandations pour le reste du sejour. C'est une visite qui convient aussi bien aux fins gourmets qu'aux simples curieux, et qui revele un Rabat que les circuits classiques ne montrent pas.