Huit jours de marche dans l'Atlas. Pas un trek de touriste pressé qui veut cocher une case, mais une immersion complete dans le monde berbere de montagne, avec un volet culinaire qui distingue cet itineraire des treks classiques.
On part de Marrakech le premier matin. Le transfert en vehicule prend environ 2 heures pour atteindre le point de depart du trek, dans un village de la vallee d'Imlil ou d'Ait Bougmez selon l'itineraire choisi. A partir de la, tout se fait a pied. Les mules transportent les bagages lourds — tente si necessaire, nourriture, equipement de cuisine — ce qui permet de marcher avec un sac leger contenant juste l'eau, la creme solaire et l'appareil photo.
Chaque journee de marche dure entre 5 et 7 heures, avec des deniveles qui varient de 500 a 1 200 metres selon les etapes. Les sentiers ne sont pas balises a l'europeenne, mais le guide connait chaque bifurcation, chaque raccourci, chaque passage delicat. On traverse des paysages qui changent avec l'altitude : terrasses cultivees de cereales et d'amandiers dans les vallees basses, forets de chenes verts et de genevriers entre 1 500 et 2 500 metres, paturages d'altitude et alpages au-dessus de 2 500 metres. Des cascades surgissent dans des gorges etroites, des sources froides jaillissent entre les rochers.
Les nuits se passent chez l'habitant dans les villages ou dans des gites de montagne. L'accueil berbere est une constante : le a la menthe des l'arrivee, les tapis etales dans la piece commune, les enfants curieux qui tournent autour des visiteurs. Les maisons sont en pise, les murs epais gardent la fraicheur en ete et la chaleur en hiver. Le confort est basique — matelas au sol, toilettes partagees — mais propre et chaleureux.
Le volet culinaire est ce qui rend ce trek unique. Ce n'est pas juste manger : on participe. On apprend a preparer le pain berbere dans un four en terre cuite, a confectionner un tagine avec les ingredients disponibles — legumes du jardin, viande du marche, epices locales — a rouler le couscous a la main. On recolte des herbes aromatiques sauvages sur les sentiers : thym, romarin, armoise. Chaque repas est une lecon de cuisine et un moment de partage avec les familles d'accueil.
Le guide est un Berbere de l'Atlas, ne et eleve dans ces montagnes. Il parle amazigh, arabe et francais. Il connait chaque famille, chaque source d'eau, chaque histoire locale. C'est autant un mediateur culturel qu'un accompagnateur de montagne. Huit jours, c'est le temps minimum pour vraiment sentir le rythme de la montagne. Les trois premiers jours, on s'adapte. Les trois suivants, on est dans le rythme. Les deux derniers, on ne veut plus partir.