L'Erg Chebbi culmine à 150 mètres. Vu d'en bas, installé sur le quad, ça paraît deux fois plus. Le champ de dunes s'étend sur 22 kilomètres de long et 5 de large — du sable orange à perte de vue, zéro végétation, zéro route. C'est là-dedans que vous allez rouler pendant une heure.
Le parcours commence sur du terrain plat, histoire de prendre en main la machine. Accélérateur à droite, frein à gauche, pas de vitesses à passer. Bon, c'est simple. Au bout de dix minutes, les premières vraies dunes arrivent. Le guide trace la ligne devant vous, et vous suivez. Les montées demandent un peu de gaz, les descentes un peu de retenue — mais rien de technique. Le sable change de texture selon l'heure : compact le matin, poudreux à midi, de nouveau ferme en fin d'après-midi. Du coup, les créneaux de 8h et 17h sont clairement les meilleurs. À midi, la chaleur rend le sable instable et collant sous les pneus, et la lumière blanche écrase les reliefs — mauvais pour les photos, mauvais pour le confort.
Les arrêts photos se font sur les crêtes. De là-haut, la vue porte jusqu'aux palmeraies de Merzouga d'un côté et jusqu'à la frontière algérienne de l'autre (on ne la voit pas, mais elle est à 50 km). La lumière rasante transforme le sable en cuivre. C'est le moment où tout le monde sort le téléphone — attachez-le avec un cordon, sérieusement. Le sable avale tout ce qui tombe et on ne retrouve rien. Un couple a perdu ses clés de voiture dans les dunes l'an dernier — elles y sont probablement encore.
Le retour se fait par un itinéraire légèrement différent, en longeant la bordure ouest de l'erg où le sable rencontre le reg (le désert de pierres plat). Le contraste entre les deux textures est net : on passe du sable moelleux aux cailloux en une seconde.
Astuce que peu de gens connaissent : demandez à votre guide de passer par le village de Khamlia au retour. C'est un détour de quinze minutes, mais les musiciens Gnaoua qui y vivent jouent parfois en fin de journée. Ça vaut le coup. Prévoyez un chèche pour la poussière, des lunettes fermées (pas des lunettes de soleil classiques), et de l'eau. Pas de claquettes — baskets obligatoires.