Dormir dans le désert, c'est surtout une question de silence. À partir de 21h, une fois les conversations éteintes autour du feu, il ne reste plus rien. Pas un bruit de moteur, pas un klaxon, pas même un oiseau. Juste le vent qui pousse le sable contre la toile de votre tente.
Le programme démarre en fin d'après-midi depuis Merzouga. Vous montez sur un dromadaire — pas un chameau, le dromadaire n'a qu'une bosse, détail que les guides corrigent systématiquement — et vous marchez environ 1h30 jusqu'au camp. Le rythme est lent. Bon, c'est le but. La caravane suit les crêtes des dunes, et la lumière du soleil couchant fait le reste. Les couleurs passent du doré au rouge en trente minutes. Le camp lui-même : des tentes en toile épaisse, des tapis au sol, des matelas corrects. Pas du luxe, pas du camping sauvage non plus. Un entre-deux honnête. Les toilettes sont partagées, rudimentaires mais propres.
Le dîner est un tajine préparé au feu de bois, avec du pain cuit dans le sable chaud. La cuisine est simple — légumes, poulet, épices. Correct sans être gastronomique. Par contre, le thé à la menthe servi après est toujours bon, versé de haut dans les petits verres comme le veut la tradition. Ensuite vient le moment des percussions : les accompagnateurs jouent du bendir et chantent des airs gnaoua. C'est authentique, pas un spectacle monté pour touristes — ils chantent pour eux-mêmes autant que pour vous. Après ça, le ciel. Sans pollution lumineuse, on distingue la Voie lactée à l'œil nu. Si vous avez une appli d'astronomie sur votre téléphone, c'est le moment de l'utiliser. En août, pendant les Perséides, on compte une étoile filante toutes les deux minutes.
Le lendemain matin, réveil tôt pour le lever du soleil sur les dunes (vers 6h30 selon la saison). Les dunes passent du gris au rose puis à l'orange en vingt minutes — c'est le moment le plus photographié du séjour. Petit-déjeuner au camp : pain, confiture, café, jus d'orange, et un thé à la menthe face au désert encore frais. Puis la session de quad d'une heure dans l'Erg Chebbi — le sable du matin est compact, la conduite plus facile qu'en pleine chaleur. Du coup, même les débutants s'en sortent bien. Retour au village avant midi.
Prévoyez une lampe frontale — certains camps n'ont pas d'électricité après minuit. Et un pull épais : les nuits dans le désert descendent facilement sous 10°C, même en avril. Personne ne s'y attend, tout le monde le regrette.